SE POSER LES BONNES QUESTIONS

On décide trop souvent sur un coup de tête d’adopter une tortue de terre. Et même si l’on estime avoir réfléchi avant de prendre une telle décision, on a rarement évalué certains aspects essentiels qui conditionneront le bien-être de votre animal.
La tortue d’Hermann restera toujours un animal sauvage. Il est illusoire d’espérer nouer une relation aussi forte qu’avec un chien, par exemple. Par contre, de par son comportement relativement lent et un besoin raisonnable en ce qui concerne son territoire, une tortue d’Hermann reste relativement facile à observer.
Elever un animal sauvage est une tâche extrêmement complexe car il impose de considérer un élément essentiel : le comportement.
L’enclos ou le jardin de votre maison doit garantit un environnement physique et biologique adapté aux exigences essentielles de la tortue d’Hermann.
Le 3ème aspect important pour la plupart des animaux, l’aspect social, est beaucoup moins vital pour la tortue d’Hermann ; en effet, ce n’est ni un animal solitaire, ni un animal grégaire. Une tortue d’Hermann peut vivre plusieurs années seule.

ENVIRONNEMENT PHYSIQUE

Il faudra prévoir un abri qui atténue les rigueurs climatiques auxquelles seront soumises les tortues.
Il ne faut pas oublier de créer des espaces pour que la tortue d’Hermann puisse bénéficier d’un ensoleillement optimum, et de créer des remparts de protection contre les aléas climatique des saisons (protection contre le vent, la pluie, le gel, l’excès d’humidité,
Il est important de maintenir une rhizosphère riche (partie du sol où se développent les racines) : les rhizomes fendent le sol pour l’ameublir, créent des galeries pour permettre la circulation de l’air, de l’eau et des éléments nutritifs.
La dynamique du sol est un élément essentiel de la permaculture. Elle est un élément fondamental pour l’espace de vie de la tortue d’Hermann qui tire les éléments essentiels à sa croissance dans les végétaux qu’elle ingère.
La vie de votre tortue d’Hermann se passe dans 3 milieux : l’air, l’eau et le sol. Les deux premiers milieux sont minéraux. Le sol est organominéral. L’agrologie, nouvelle approche, permet de redonner au sol et aux microbes du sol la place qu’ils méritent. Le sol n’est pas une usine, les plantes et les animaux ne sont pas des robots : ils ont un immense degré de complexité et d’imprévisible. Il faut respecter la complexité vivante du sol.

Pour former un sol, il faut des composés minéraux et des composés organiques. Certains chiffres donnent une idée de l’activité de la microfaune du sol :

  • le poids des vers de terre présents atteint 1 à 4 tonnes/hectare en fonction de la végétation et ils mangent leur équivalent en pois de terre par jour : cela fait 300 à 1000 tonnes de terre par hectare et par an de terre digérée !
  • les amibes, animaux microscopiques, sont présents à hauteur de 100 à 300Kg par hectare;
  • les actinomycètes ont un aspect filamentaire représentent un nombre compris entre 1 et 100 millions par gramme de terre, et leur poids est d’environ une tonne par hectare.
  • Quant aux micro-organismes, ils sont présents à hauteur de 10 millions à 1 milliard par gramme de sol, et leur poids reste inférieur à 1 tonne par hectare de sol.

ENVIRONNEMENT BIOLOGIQUE

Il faudra prévoir un accès le plus libre possible à des aliments convenables et suffisamment variés.
La biodiversité végétale est essentielle pour assurer une alimentation saine et diversifiée.
Le rythme de prise des nourriture dépend directement des besoins et des circonstances. La tortue d’Hermann se nourrit en fonction de son activité, de la disponibilité des aliments sur son territoire, et de la température extérieure.
Au début de l’automne, il convient de faire un apport en compost 100% végétal (conforme à la norme NFU 45-051 avec un dosage de 1 à 2 cm en surface soit 1 m3 pour 50 à 100 m2, suivi d’un griffage ou arrosage. Il ne faut pas enfouir le compost. Riche en lignine, c’est un formidable précurseur d’humus, élément indispensable au bon fonctionnement du sol. Pour compenser la perte d’azote lors de la dégradation du compost dans le sol, prévoyez un complément en azote (l’urine est une excellente source d’azote).

L’apport de compost à un sol a plusieurs effets bénéfiques :

  • un meilleur comportement thermique : la couleur foncée de l’humus modifie le comportement thermique du sol et le rend plus absorbant à la lumière, ce qui conditionne la croissance végétale ;
  • une meilleure stabilité structurale et une meilleure porosité facilitent la croissance des racines ainsi que le développement de la vie biologique (augmentation de l’activité bactérienne des sols) ;
  • une meilleure rétention en eau du sol, ce qui permet de limiter l’érosion due au ruissellement;
  • un allégement des terres argileuses et l’amélioration du drainage.
  • une meilleure régulation des stocks en éléments nutritifs pour la plante ;
  • une augmentation du pouvoir de rétention du sol vis-à-vis des ions minéraux ou organiques ;
  • un arrêt de l’acidification des sols;
  • une source de nourriture pour la faune et la flore du sol, (apport d’humus) ;
  • une action nutritive progressive : minéralisation de l’azote, libération de phosphore et de soufre.

Un exemple : le pissenlit est une plante incontournable dans le régime alimentaire de la tortue d’Hermann (elle est très riche en calcium, en pro-vitamine A, en vitamine B9 et ß-carotène) : il existe environ 1200 espèces et sous-espèces différentes de pissenlit en Europe, chaque variété ayant une composition minérale différente renforcée par la composition du sol dans lequel elle pousse.
Il est donc important de se procurer des graines des plantes différentes qui font partie de l’alimentation des tortues d’Hermann à l’état sauvage.

ENVIRONNEMENT SOCIAL (ETHOLOGIE)

L’aspect social devient important lorsque le sexe des tortues qui vivent ensemble est défini : en effet, un mâle et une ou plusieurs femelles peuvent cohabiter ensemble, si l’espace qui leur est dédié est suffisant. Il sera par contre vite difficile de faire cohabiter deux ou plusieurs mâles ensemble, surtout si le nombre de femelles est faible.
En général, nous considérons qu’il faut un mâle pour un ration de 3 femelles sur un espace de 15m2.